Votre corps – votre ami!

Cela fait des années que je travaille avec des personnes en souffrances physiques.
J’ai constaté que ces personnes se sentent souvent trahies par leur corps et qu’elles commencent à le détester ou à l’ignorer. Mais elles oublient que leur corps fait partie d’elles-mêmes, qu’il réagit à des sensations et des émotions et qu’elles sont liées à vie avec lui.
Ce corps, il faut en prendre soin comme si c’était un ami précieux.

Je vois souvent la tendance à essayer de soumettre le corps à nos désirs, vouloir le dominer ou le rendre responsable pour ses (dys-)fonctionnements. Est-ce comme ça que vous aimeriez traiter vos amis … ou que vos amis vous traitent ?

Imaginez que vous ayez prévu depuis longtemps de partir en vacances avec un ami cher. Vous vous en réjouissez d’avance, et comme ce n’est pas la première fois que vous partez ensemble, vous faites des projets, réservez déjà des excursions et faites les achats en prévision de ce moment. Mais juste avant de partir, votre ami ne peut pas venir pour une raison indépendante de sa volonté (il s’est cassé une jambe, il a un décès d’un être cher, il a été licencié et n’a plus d’argent, …).

Bien sûr que vous sentez la frustration vous envahir, et vous lui en voulez pendant 3 secondes.
Mais est-ce que vous lui faites porter la responsabilité pendant 3 semaines, le lui reprochant d’avoir bousillé vos vacances et vous coupez tout contact avec lui ? Que faites vous de ce lien profond qui est établi depuis tant de temps ? Est-ce que ça l’aidera à surmonter son épreuve ou est-ce que ça lui rajoutera une souffrance en plus contre laquelle il devra se battre ?

Non, en amitié on regarde comment on peut soutenir l’autre, on accepte ses failles, ses travers et essaye de les compenser. Vous prenez soin de son bien-être, en regardant ce qui peut le renforcer pour récupérer au plus vite. Peut-être déciderez-vous de partir quand-même en vacances (en lui envoyant tous les jours des photos pour lui remonter le moral) ou peut-être estimerez-vous que la situation demande à rester près de lui pour le soutenir, évidemment sans aucun grief.
Ce que je veux vous montrer c’est que même si vous avez des douleurs, que vous souffrez et que parfois vous ne voyez pas le bout, votre corps n’est pas votre ennemi, ce n’est pas de sa faute s’il y a un dysfonctionnement.

Malheureusement plus la douleur est conséquente ou dure pendant une longue période, plus le rapport avec votre corps risque de devenir un rapport de force. Et les personnes qui traversent ce traumatisme commencent à le haïr. Soit ça devient une fuite, en le laissant de côté et en essayant de supprimer toute sensation physique. Soit on le force, tire, pousse sans tenir compte de la restriction ou de la douleur que ça engendre. Et souvent le symptôme s’aggrave et on se retrouve dans un cercle vicieux.

Alors mon travail est de réconcilier la personne avec son corps, lui rappeler que c’est un ami et qu’il peut lui procurer des moments de plaisir et d’accomplissement. Parfois c’est un long processus, avec des rechutes, des moments de désespoir, mais la plupart du temps ça porte ses fruits. On arrive à casser le cercle « j’ai mal – je me défends – je force – j’ignore mes besoins – je le (me) déteste » en approchant le corps comme un ami en souffrance avec tout le respect qu’il mérite.

J’ai mal : je considère la souffrance à sa juste valeur

Je me contracte pour me défendre : je relâche les tensions pour ne pas aggraver le symptôme et que le flux peut passer

Je force : Je me préoccupe de mon bien-être avec bienveillance

J’ignore mes besoins : Je lui donne tout ce dont il a besoin pour récupérer au mieux

Je déteste : Je déteste avoir mal, mais je respecte mon corps comme une partie de moi-même car il est moi et j’aimerais qu’on me traite ainsi.

C’est avec cette attitude que j’approche une personne qui souffre, que ce soit un mal-être, un mal de dos ou une douleur qui l’empêche de poursuivre une vie « vivable » pour la réconcilier avec son corps et retrouver la force nécessaire pour guérir.

“Ne faites pas à vous-mêmes, ce que vous n’aimeriez pas que d’autres vous fassent!”

Vous aimez cet article ?

Partagez sur Facebook
Partagez sur Twitter
Partagez sur Linkdin
Partagez sur Pinterest

Laissez votre commentaire

Parlons de vous

Qu'aimeriez-vous clarifier?

Les questions me sont envoyées par e-mail. Je réponds personnellement à chaque demande. 

Vos informations sont traitées en toute confidentialité et sécurité